At day-break, the three mast-heads were punctually manned afresh.
"D'ye see him?" cried Ahab, after allowing a little space for the light to spread.
"See nothing, Sir."
"Turn up all hands and make sail! he travels faster than I thought for; - the top-gallant sails! - aye, they should have been kept on her all night. But no matter - 'tis but resting for the rush."
Here be it said, that this pertinacious
pursuit of one particular whale, continued through day into night,
and through night into day, is a thing by no means unprecedented in
the South sea fishery. For such is the wonderful skill, prescience
of experience, and invincible confidence acquired by some great
natural geniuses among the Nantucket commanders; that from the
simpsuite de l'ouvrage, pour indiquer en quels termes elle se pose, et
surtout pour tâcher d'écarter les raisons qui empêchent encore trop
d'esprits d'en bien comprendre l'urgence et la portée. Ce sera l'objet
de cette nouvelle préface.
Nous insistons à plusieurs reprises, au cours de ce livre, sur
l'état d'anomie juridique et morale où se trouve actuellement la vie
économique. Dans cet ordre de fonctions, en effet, la morale
professionnelle n'existe véritablement qu'à l'état rudimentaire. Il y a
une morale professionnelle de l'avocat et du magistrat, du soldat et du
professeur, du médecin et du prêtre, etc. Mais si l'on essayait de fixer
en un langage un peu défini les idées en cours sur ce que doivent être
les rapports de l'employeur avec l'employé, de l'ouvrier avec le chef
d'entreprise, des industriels concurrents les uns avec les autres ou
avec le public, quelles formules indécises on obtiendrait! Quelques
généralités sans précision sur la fidélité et le dévouement que les
salariés de toutes sortes doivent à ceux qui les emploient, sur la
modération avec laquelle ces derniers doivent user de leur prépondérance
économique, une certaine réprobation pour toute concurrence trop
ouvertement déloyale, pour toute exploitation par trop criante du
consommateur, voilà à peu près tout ce que contient la conscience morale
de ces professions. De plus, la plupart de ces prescriptions sont
dénuées de tout caractère juridique; elles ne sont sanctionnées que par
l'opinion, non par la loi, et l'on sait combien l'opinion se montre
indulgente pour la manière dont ces vagues obligations sont remplies.
Les actes les plus blâmables sont si souvent absous par le succès que la
limite entre ce qui est permis et ce qui est prohibé, ce qui est juste
et ce qui ne l'est pas, n'a plus rien de fixe, mais paraît pouvoir être
déplacée presque arbitrairement par les individus.
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-/III/-
Une morale aussi imprécise et aussi inconsistante ne saurait constituer
une discipline. Il en résulte que toute cette sphère de la vie
collective est, en grande partie, soustraite à l'action modératrice de
la règle. C' est à cet état d'anomie que doivent être attribués, comme
nous le montrerons, les conflits sans cesse renaissants et les désordres
de toutes sortes dont le monde économique nous donne le triste
spectacle. Car comme rien ne contient les forces en présence et ne leur
assigne de bornes qu' elles soient tenues de respecter, elles tendent à
se développer sans termes, et viennent se heurter les unes contre les
autres pour se refouler et se réduire mutuellement. Sans doute, les plus
intenses parviennent bien à écraser les plus faibles ou à se les
subordonner.
Mais si le vaincu peut se résigner pour un temps à une subordination
qu'il est contraint de subir, il ne la consent pas, et, par conséquent,
elle ne saurait constituer un équilibre stable. Des trêves imposées par
la violence ne sont jamais que provisoires et ne pacifient pas les
esprits. Les passions humaines ne s'arrêtent que devant une puissance
morale qu'elles respectent. Si toute autorité de ce genre fait défaut,
c'est la loi du plus fort qui règne, et, latent ou aigu, l'état de
guerre est nécessairement chronique.
Qu' une telle anarchie soit un phénomène morbide, c' est ce qui est
de toute évidence, puisqu' elle va contre le but même de toute société,
qui est de supprimer ou, tout au moins, de modérer la guerre entre les
hommes, en subordonnant la loi physique du plus fort à une loi plus
haute. En vain, pour justifier cet état d'irréglementation, fait-on
valoir qu'il favorise l'essor de la liberté individuelle. Rien n'est
plus faux que cet antagonisme qu'on a trop souvent voulu établir entre
l'autorité de la règle et la liberté de l'individu. Tout au contraire,
la liberté (nous entendons la liberté juste, celle que la société a le
devoir de faire respecter) est elle-même le produit d'une réglementation.
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-/IV/-
Je ne puis être libre que dans la mesure où autrui est empêché de
mettre à profit la supériorité physique, économique ou autre dont il
dispose pour asservir ma liberté, et seule, la règle sociale peut mettre
obstacle à ces abus de pouvoir. On sait maintenant quelle réglementation
compliquée est nécessaire pour assurer aux individus l'indépendance
économique sans laquelle leur liberté n'est que nominale.
Mais ce qui fait, aujourd'hui en particulier, la gravité
exceptionnelle de cet état, c'est le développement, inconnu jusque-là,
qu'ont pris, depuis deux siècles environ, les fonctions économiques.
Tandis qu'elles ne jouaient jadis qu' un rôle secondaire, elles sont
maintenant au premier rang. Nous sommes loin du temps où elles étaient
dédaigneusement abandonnées aux classes inférieures. Devant elles, on
voit de plus en plus reculer les fonctions militaires, administratives,
religieuses. Seules, les fonctions scientifiques sont en état de leur
disputer la place; et encore la science actuellement n'a-t-elle guère de
prestige que dans la mesure où elle peut servir à la pratique, c'
est-à-dire en grande partie, aux professions économiques. c'est pourquoi
on a pu, non sans quelque raison, dire de nos sociétés qu'elles sont ou
tendent à être essentiellement industrielles. Une forme d'activité qui a
pris une telle place dans l'ensemble de la vie sociale ne peut
évidemment rester à ce point déréglée sans qu'il en résulte les troubles
les plus profonds. c'est notamment une source de démoralisation
générale. Car, précisément parce que les fonctions économiques absorbent
aujourd'hui le plus grand nombre des citoyens, il y a une multitude
d'individus dont la vie se passe presque tout entière dans le milieu
industriel et commercial; d'où il suit que, comme ce milieu n'est que
faiblement empreint de moralité, la plus grande partie de leur existence
s'écoule en dehors de toute action morale. Or, pour que le sentiment du
devoir se fixe fortement en nous, il faut que les circonstances mêmes
dans lesquelles nous vivons le tiennent perpétuellement en éveil. Nous
ne sommes pas naturellement enclins à nous gêner et à nous contraindre;
si donc nous ne
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-/V/-
sommes pas invités, à chaque instant, à exercer sur nous cette
contrainte sans laquelle il n'y a pas de morale, comment en
prendrions-nous l'habitude? Si, dans les occupations qui remplissent
presque tout notre temps, nous ne suivons d'autre règle que celle de
notre intérêt bien entendu, comment prendrions-nous goût au
désintéressement, à l'oubli de soi, au sacrifice? Ainsi l'absence de
toute discipline économique ne peut manquer d'étendre ses effets au delà
du monde économique lui-même et d' entraîner à sa suite un abaissement
de la moralité publique.
Mais, le mal constaté, quelle en est la cause et quel en peut être
le remède?
Dans le corps de l'ouvrage, nous nous sommes surtout attaché à faire
voir que la division du travail n'en saurait être rendue responsable,
comme on l'en a parfois et injustement accusée; qu' elle ne produit pas
nécessairement la dispersion et l'incohérence, mais que les fonctions,
quand elles sont suffisamment en contact les unes avec les autres,
tendent d'elles-mêmes à s'équilibrer et à se régler. Mais cette
explication est incomplète. Car s'il est vrai que les fonctions sociales
cherchent spontanément à s'adapter les unes aux autres pourvu qu'elles
soient régulièrement en rapports, d'un autre côté, ce mode d' adaptation
ne devient une règle de conduite que si un groupe le consacre de son
autorité. Une règle, en effet, n'est pas seulement une manière d'agir
habituelle; c'est, avant tout, /une manière d'agir obligatoire,/
c'est-à-dire soustraite, en quelque mesure, à l'arbitraire individuel.
Or, seule, une société constituée jouit de la suprématie morale et
matérielle qui est indispensable pour faire la loi aux individus; car la
seule personnalité morale qui soit au-dessus des personnalités
particulières est celle que forme la collectivité. Seule aussi, elle a
la continuité et même la pérennité nécessaires pour maintenir la règle
par delà les relations éphémères qui l'incarnent journellement. Il y a
plus, son rôle ne se borne pas simplement à ériger en préceptes
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-/VI/-
impératifs les résultats les plus généraux des contrats particuliers;
mais elle intervient d'une manière active et positive dans la formation
de toute règle. d'abord, elle est l'arbitre naturellement désigné pour
départager les intérêts en conflit et pour assigner à chacun les bornes
qui conviennent. Ensuite, elle est la première intéressée à ce que
l'ordre et la paix règnent; si l'anomie est un mal, c'est avant tout
parce que la société en souffre, ne pouvant se passer, pour vivre, de
cohésion et de régularité. Une réglementation morale ou juridique
exprime donc essentiellement des besoins sociaux que la société seule
peut connaître; elle repose sur un état d' opinion, et toute opinion est
chose collective, produit d'une élaboration collective. Pour que
l'anomie prenne fin, il faut donc qu'il existe ou qu' il se forme un
groupe où se puisse constituer le système de règles qui fait
actuellement défaut. Ni la société politique dans son ensemble, ni
l'état ne peuvent évidemment s'acquitter de cette fonction; la vie
économique, parce qu'elle est très spéciale et qu'elle se spécialise
chaque jour davantage, échappe à leur compétence et à leur action.
L'activité d'une profession ne peut être réglementée efficacement que
par un groupe assez proche de cette profession même pour en bien
connaître le fonctionnement, pour en sentir tous les besoins et pouvoir
suivre toutes leurs variations. Le seul qui réponde à ces conditions est
celui que formeraient tous les agents d'une même industrie réunis et
organisés en un même corps. c'est ce qu'on appelle la corporation ou le
groupe professionnel. Or, dans l'ordre économique, le groupe
professionnel n'existe pas plus que la morale professionnelle. Depuis
que, /non sans raison,/ le siècle dernier a supprimé les anciennes
corporations, il n'a guère été fait que des tentatives fragmentaires et
incomplètes pour les reconstituer sur des bases nouvelles. Sans doute,
les individus qui s'adonnent à un même métier sont
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-/VII/-
en relations les uns avec les autres par le fait de leurs occupations
similaires. Leur concurrence même les met en rapports. Mais ces rapports
n'ont rien de régulier; ils dépendent du hasard des rencontres et ont,
le plus souvent, un caractère tout à fait individuel. c'est tel
industriel qui se trouve en contact avec tel autre; ce n'est pas le
corps industriel de telle ou telle spécialité qui se réunit pour agir en
commun. Exceptionnellement, on voit bien tous les membres d'une même
profession s' assembler en congrès pour traiter quelque question d'
intérêt général; mais ces congrès ne durent jamais qu'un temps; ils ne
survivent pas aux circonstances particulières qui les ont suscités, et,
par suite, la vie collective dont ils ont été l'occasion s'éteint plus
ou moins complètement avec eux.
Les seuls groupements qui aient une certaine permanence sont ce
qu'on appelle aujourd'hui les syndicats soit de patrons, soit
d'ouvriers. Assurément il y a là un commencement d'organisation
professionnelle, mais encore bien informe et rudimentaire. Car, d'abord,
un syndicat est une association privée, sans autorité légale, dépourvue,
par conséquent, de tout pouvoir réglementaire. Le nombre en est
théoriquement illimité, même à l'intérieur d'une même catégorie
industrielle; et comme chacun d'eux est indépendant des autres, s'ils ne
se fédèrent et ne s'unifient, il n'y a rien en eux qui exprime l'unité
de la profession dans son ensemble. Enfin, non seulement les syndicats
de patrons et les syndicats d'employés sont distincts les uns des
autres, /ce qui est légitime et nécessaire,/ mais il n'y a pas entre eux
de contacts réguliers. Il n'existe pas d' organisation commune qui les
rapproche, sans leur faire perdre leur individualité, et où ils puissent
élaborer en commun une réglementation qui, fixant leurs rapports
mutuels, s'impose aux uns et aux autres avec la même autorité; par
suite, c'est toujours la loi du plus fort qui résout les conflits, et
l'état de guerre subsiste tout entier. Sauf pour ceux de leurs actes qui
relèvent de la morale commune, patrons et ouvriers sont, les uns par
rapport aux autres, dans la même situation que deux états autonomes,
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-/VIII/-
mais de force inégale. Ils peuvent, comme le font les peuples par
l'intermédiaire de leurs gouvernements, former entre eux des contrats.
Mais ces contrats n'expriment que l'état respectif des forces
économiques en présence, comme les traités que concluent deux
belligérants ne font qu' exprimer l'état respectif de leurs forces
militaires. Ils consacrent un état de fait; ils ne sauraient en faire un
état de droit.
Pour qu'une morale et un droit professionnels puissent s'établir
dans les différentes professions économiques, il faut donc que la
corporation, au lieu de rester un agrégat confus et sans unité,
devienne, ou plutôt redevienne un groupe défini, organisé, en un mot une
institution publique. Mais tout projet de ce genre vient se heurter à un
certain nombre de préjugés qu'il importe de prévenir ou de dissiper.
Et d'abord, la corporation a contre elle son passé historique. Elle
passe, en effet, pour être étroitement solidaire de notre ancien régime
politique, et, par conséquent, pour ne pouvoir lui survivre. Il semble
que réclamer pour l'industrie et le commerce une organisation
corporative, ce soit entreprendre de remonter le cours de l'histoire;
or, de telles régressions sont justement regardées ou comme impossibles
ou comme anormales. L'argument porterait si l'on proposait de
ressusciter artificiellement la vieille corporation telle qu'elle
existait au moyen âge. Mais ce n'est pas ainsi que la question se pose.
Il ne s'agit pas de savoir si l'institution médiévale peut convenir
identiquement à nos sociétés contemporaines, mais si les besoins
auxquels elle répondait ne sont pas de tous les temps, quoiqu' elle
doive, pour y satisfaire, se transformer suivant les milieux.
Or, ce qui ne permet pas de voir dans les corporations une
organisation temporaire, bonne seulement pour une époque et une
civilisation déterminée, c'est, à la fois, leur haute antiquité et la
manière dont elles se sont développées dans l'histoire. Si
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-/IX/-
elles dataient uniquement du moyen âge, on pourrait croire, en effet,
que, nées avec un système politique, elles devaient nécessairement
disparaître avec lui. Mais, en réalité, elles ont une bien plus ancienne
origine. En général, elles apparaissent dès qu'il y a des métiers,
c'est-à-dire dès que l'industrie cesse d'être purement agricole. Si
elles semblent être restées inconnues de la Grèce, au moins jusqu' à
l'époque de la conquête romaine, c'est que les métiers, y étant
méprisés, étaient exercés presque exclusivement par des étrangers et se
trouvaient par cela même en dehors de l'organisation légale de la cité.
Mais à Rome, elles datent au moins des premiers temps de la république;
une tradition en attribuait même la création au roi Numa. Il est vrai
que, pendant longtemps, elles durent mener une existence assez humble,
car les historiens et les monuments n'en parlent que rarement; aussi ne
savons-nous que fort mal comment elles étaient organisées. Mais, dès
l'époque de Cicéron, leur nombre était devenu considérable, et elles
commençaient à jouer un rôle. à ce moment, dit Waltzing," toutes les
classes de travailleurs semblent possédées du désir de multiplier les
associations professionnelles". Le mouvement ascensionnel continua
ensuite, jusqu' à atteindre, sous l'empire," une extension qui n'a
peut-être pas été dépassée depuis, si l'on tient compte des différences
économiques". Toutes les catégories d' ouvriers, qui étaient fort
nombreuses, finirent, semble-t-il, par se constituer en collèges, et il
en fut de même des gens qui vivaient du
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-/X/-
commerce. En même temps, le caractère de ces groupements se modifia; ils
finirent par devenir de véritables rouages de l'administration. Ils
remplissaient des fonctions officielles; chaque profession était
regardée comme un service public dont la corporation correspondante
avait la charge et la responsabilité envers l'état.
Ce fut la ruine de l'institution. Car cette dépendance vis-à-vis de
l'état ne tarda pas à dégénérer en une servitude intolérable que les
empereurs ne purent maintenir que par la contrainte. Toutes sortes de
procédés furent employés pour empêcher les travailleurs de se dérober
aux lourdes obligations qui résultaient pour eux de leur profession
même: on alla jusqu' à recourir au recrutement et à l'enrôlement forcés.
Un tel système ne pouvait évidemment durer qu'autant que le pouvoir
politique était assez fort pour l'imposer. c'est pourquoi il ne survécut
pas à la dissolution de l'empire. d'ailleurs, les guerres civiles et les
invasions avaient détruit le commerce et l'industrie; les artisans
profitèrent de ces circonstances pour fuir les villes et se disperser
dans les campagnes. Ainsi les premiers siècles de notre ère virent se
produire un phénomène qui devait se répéter identiquement à la fin du
xviiie: la vie corporative s'éteignit presque complètement. c'est à
peine s'il en subsista quelques traces, en Gaule et en Germanie, dans
les villes d'origine romaine. Si donc un théoricien avait, à ce moment,
pris conscience de la situation il eût vraisemblablement conclu, comme
le firent plus tard les économistes, que les corporations n' avaient
pas, ou, du moins, n'avaient plus de raison d'être, qu' elles avaient
disparu sans retour, et il aurait sans doute traité de rétrograde et
d'irréalisable toute tentative pour les reconstituer. Mais les
événements eussent tôt fait de démentir une telle prophétie.
En effet, après une éclipse d'un temps, les corporations
recommencèrent une nouvelle existence dans toutes les sociétés européennes.
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-/XI/-
Elles durent renaître vers le xie et le xiie siècle. Dès ce moment, dit
M. Levasseur," les artisans commencent à sentir le besoin de s'unir et
forment leurs premières associations". En tout cas, au xiiie siècle,
elles sont de nouveau florissantes, et elles se développent jusqu' au
jour où commence pour elles une nouvelle décadence. Une institution
aussi persistante ne saurait dépendre d'une particularité contingente et
accidentelle; encore bien moins est-il possible d'admettre qu'elle ait
été le produit de je ne sais quelle aberration collective. Si depuis les
origines de la cité jusqu' à l'apogée de l'empire, depuis l'aube des
sociétés chrétiennes jusqu' aux temps modernes, elles ont été
nécessaires, c'est qu'elles répondent à des besoins durables et
profonds. Surtout le fait même qu' après avoir disparu une première
fois, elles se sont reconstituées d'elles-mêmes et sous une forme
nouvelle, ôte toute valeur à l'argument qui présente leur disparition
violente à la fin du siècle dernier comme une preuve qu'elles ne sont
plus en harmonie avec les nouvelles conditions de l'existence
collective. Au reste, le besoin que ressentent aujourd'hui toutes les
grandes sociétés civilisées de les rappeler à la vie est le symptôme le
plus sûr que cette suppression radicale n'était pas un remède et que la
réforme de Turgot en nécessitait une autre qui ne saurait être
indéfiniment ajournée.
Mais si toute organisation corporative n'est pas nécessairement un
anachronisme historique, est-on fondé à croire qu'elle soit appelée à
jouer, dans nos sociétés contemporaines, le rôle considérable que nous
lui attribuons? Car si nous la jugeons indispensable, c'est à cause, non
des services économiques qu'elle pourrait rendre, mais de l'influence
morale qu'elle pourrait avoir. Ce que nous voyons avant tout dans le
groupe professionnel, c'est un pouvoir moral capable de contenir les
égoïsmes
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-/XII/-
individuels, d'entretenir dans le coeur des travailleurs un plus vif
sentiment de leur solidarité commune, d'empêcher la loi du plus fort de
s'appliquer aussi brutalement aux relations industrielles et
commerciales. Or il passe pour être impropre à un tel rôle. Parce qu'il
est né à l'occasion d'intérêts temporels, il semble qu' il ne puisse
servir qu'à des fins utilitaires, et les souvenirs laissés par les
corporations de l'ancien régime ne font que confirmer cette impression.
On se les représente volontiers dans l'avenir telles qu'elles étaient
pendant les derniers temps de leur existence, occupées avant tout à
maintenir ou à accroître leurs privilèges et leurs monopoles, et l'on ne
voit pas comment des préoccupations aussi étroitement professionnelles
pourraient avoir une action bien favorable sur la moralité du corps ou
de ses membres.
Mais il faut se garder d'étendre à tout le régime corporatif ce qui
a pu être vrai de certaines corporations et pendant un temps très court
de leur développement. Bien loin qu'il soit atteint d'une sorte
d'infirmité morale de par sa constitution même, c'est surtout un rôle
moral qu'il a joué pendant la majeure partie de son histoire. c'est ce
qui est particulièrement évident des corporations romaines." les
corporations d'artisans, dit Waltzing, étaient loin d'avoir chez les
romains un caractère professionnel aussi prononcé qu'au moyen âge: on ne
rencontre chez elles ni réglementation sur les méthodes, ni
apprentissage imposé, ni monopole; leur but n'était pas non plus de
réunir les fonds nécessaires pour exploiter une industrie." sans doute,
l'association leur donnait plus de forces pour sauvegarder au besoin
leurs intérêts communs. Mais ce n'était là qu'un des contrecoups utiles
que produisait l'institution; ce n'en était pas la raison d'être, la
fonction principale. Avant tout, la corporation était un collège
religieux. Chacune d'elles avait son dieu particulier dont le culte,
quand elle en avait les moyens, se célébrait dans un temple spécial. De
même que chaque famille avait son /lar familiaris,/
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-/XIII/-
chaque cité son /genius publicus,/ chaque collège avait son dieu
tutélaire. /genius collegii./ naturellement, ce culte professionnel
n'allait pas sans fêtes que l'on célébrait en commun par des sacrifices
et des banquets. Toutes sortes de circonstances servaient, d' ailleurs,
d'occasion à de joyeuses assemblées; de plus, des distributions de
vivres ou d'argent avaient souvent lieu aux frais de la communauté. On
s' est demandé si la corporation avait une caisse de secours, si elle
assistait régulièrement ceux de ses membres qui se trouvaient dans le
besoin, et les avis sur ce point se sont partagés. Mais ce qui enlève à
la discussion une partie de son intérêt et de sa portée, c'est que ces
banquets communs, plus ou moins périodiques, et les distributions qui
les accompagnaient souvent tenaient lieu de secours et faisaient
l'office d'une assistance indirecte. De toute manière, les malheureux
savaient qu'ils pouvaient compter sur cette subvention dissimulée.-comme
corollaire de ce caractère religieux, le collège d'artisans était, en
même temps, un collège funéraire, unis, comme les / gentiles,/ dans un
même culte pendant leur vie, les membres de la corporation voulaient,
comme eux aussi, dormir ensemble leur dernier sommeil. Toutes les
corporations qui étaient assez riches avaient un / columbarium/
collectif, où, quand le collège n'avait pas les moyens d'acheter une
propriété funéraire. Il assurait du moins à ses membres d' honorables
funérailles aux frais de la caisse commune.
Un culte commun, des banquets communs, des fêtes communes, un
cimetière commun, n'est-ce pas, réunis ensemble, tous les caractères
distinctifs de l'organisation domestique chez les romains? Aussi a-t-on
pu dire que la corporation romaine était une" grande famille"." aucun
mot, dit Waltzing, n'indique mieux la nature des rapports qui unissaient
les confrères, et bien des indices prouvent qu'une grande fraternité
régnait dans leur sein." la communauté des intérêts tenait lieu des
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-/XIV/-
liens du sang." les membres se regardaient si bien comme des frères que,
parfois, ils se donnaient ce nom entre eux." l'expression la plus
ordinaire était, il est vrai, celle de /sodales;/ mais ce mot même
exprime une parenté spirituelle qui implique une étroite fraternité. Le
protecteur et la protectrice du collège prenaient souvent le titre de
père et de mère." une preuve du dévouement que les confrères avaient
pour leur collège, ce sont les legs et les donations qu'ils lui font. Ce
sont aussi ces monuments funéraires où nous lisons: /pius in collegio,/
il fut pieux envers son collège, comme on disait /pius in suos. /" cette
vie familiale était même tellement développée que M. Boissier en fait le
but principal de toutes les corporations romaines." même dans les
corporations ouvrières, dit-il, on s'associait avant tout pour le
plaisir de vivre ensemble, pour trouver hors de chez soi des
distractions à ses fatigues et à ses ennuis, pour se faire une intimité
moins restreinte que la famille, moins étendue que la cité, et se rendre
ainsi la vie plus facile et plus agréable."
comme les sociétés chrétiennes appartiennent à un type social très
différent de la cité, les corporations du moyen âge ne ressemblaient pas
exactement aux corporations romaines. Mais elles aussi constituaient
pour leurs membres des milieux moraux." la corporation, dit M.
Levasseur, unissait par des liens étroits les gens du même métier. Assez
souvent, elle s'établissait dans la paroisse ou dans une chapelle
particulière et se mettait sous l'invocation d'un saint qui devenait le
patron de toute la communauté... c'était là qu'on s' assemblait, qu'on
assistait en grande cérémonie à des messes solennelles après lesquelles
les membres de la confrérie allaient, tous ensemble, terminer leur
journée par un joyeux festin. Par ce côté, les corporations du moyen âge
ressemblaient beaucoup à celles de l'époque romaine." la corporation,
d'ailleurs, consacrait souvent une
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-/XV/-
partie des fonds qui alimentaient son budget à des oeuvres de bienfaisance.
D' autre part, des règles précises fixaient, pour chaque métier, les
devoirs respectifs des patrons et des ouvriers, aussi bien que les
devoirs des patrons les uns envers les autres. Il y a, il est vrai, de
ces règlements qui peuvent n'être pas d'accord avec nos idées actuelles;
mais c'est d'après la morale du temps qu'il les faut juger, puisque
c'est elle qu'ils expriment. Ce qui est incontestable, c' est qu'ils
sont tous inspirés par le souci, non de tels ou tels intérêts
individuels, mais de l'intérêt corporatif, bien ou mal compris, il
n'importe. Or, la subordination de l'utilité privée à l'utilité commune
quelle qu'elle soit a toujours un caractère moral, car elle implique
nécessairement quelque esprit de sacrifice et d' abnégation. d'ailleurs,
beaucoup de ces prescriptions procédaient de sentiments moraux qui sont
encore les nôtres. Le valet était protégé contre les caprices du maître
qui ne pouvait le renvoyer à volonté. Il est vrai que l'obligation était
réciproque; mais, outre que cette réciprocité est juste par elle-même,
elle se justifie mieux encore par suite des importants privilèges dont
jouissait alors l'ouvrier. c'est ainsi qu'il était défendu aux maîtres
de le frustrer de son /droit au travail/ en se faisant assister par
leurs voisins ou même par leurs femmes. En un mot, dit M. Levasseur,"
ces règlements sur les apprentis et les ouvriers sont loin d'être à
dédaigner pour l'historien et pour l'économiste. Ils ne sont pas
l'oeuvre d'un siècle barbare. Ils portent le cachet d'un esprit de suite
et d'un certain bon sens, qui sont, sans aucun doute, dignes de
remarque". Enfin, toute une réglementation était destinée à garantir la
probité professionnelle. Toutes sortes de précautions étaient prises
pour empêcher le marchand ou l'artisan de tromper
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-/XVI/-
l'acheteur, pour les obliger à" faire oeuvre bonne et loyale".-sans
doute, un moment arriva où les règles devinrent inutilement
tracassières, où les maîtres se préoccupèrent beaucoup plus de
sauvegarder leurs privilèges que de veiller au bon renom de la
profession et à l'honnêteté de ses membres. Mais il n'y a pas
d'institution qui, à un moment donné, ne dégénère, soit qu'elle ne sache
pas changer à temps et s'immobilise, soit qu'elle se développe dans un
sens unilatéral, en outrant certaines de ses propriétés: ce qui la rend
malhabile à rendre les services mêmes dont elle a la charge. Ce peut
être une raison pour chercher à la réformer, non pour la déclarer à tout
jamais inutile et la détruire.
Quoi qu'il en soit de ce point, les faits qui précèdent suffisent à
prouver que le groupe professionnel n'est nullement incapable d'exercer
une action morale. La place si considérable que la religion tenait dans
sa vie, tant à Rome qu' au moyen âge, met tout particulièrement en
évidence la nature véritable de ses fonctions; car toute communauté
religieuse constituait alors un milieu moral, de même que toute
discipline morale tendait forcément à prendre une forme religieuse. Et
d'ailleurs, ce caractère de l'organisation corporative est dû à l'action
de causes très générales, que l'on peut voir agir dans d' autres
circonstances. Du moment que, au sein d'une société politique, un
certain nombre d'individus se trouvent avoir en commun des idées, des
intérêts, des sentiments, des occupations que le reste de la population
ne partage pas avec eux, il est inévitable que, sous l'influence de ces
similitudes, ils soient attirés les uns vers les autres, qu'ils se
recherchent, entrent en relations, s'associent, et qu'ainsi se forme peu
à peu un groupe restreint, ayant sa physionomie spéciale, au sein de la
société générale. Mais une fois que le groupe est formé, il s'en dégage
une vie morale qui porte naturellement la marque des conditions
particulières dans lesquelles elle s'est élaborée. Car il est impossible
que des
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under certain given circumstances, pretty accurately foretell both the direction in which he will continue to swim for a time, while out of sight, as well as his probable rate of progression during that period. And, in these cases, somewhat as a pilot, when about losing sight of a coast, whose general trending he well knows, and which he desires shortly to return to again, but at some further point; like as this pilot stands by his compass, and takes the precise bearing of the cape at present visible, in order the more certainly to hit aright the remote, unseen headland, eventually to be visited: so does the fisherman, at his compass, with the whale; for after being chased, and diligently marked, through several hours of daylight, then, when night obscures the fish, the creature's future wake through the darkness is almost as established to the sagacious mind of the hunter, as the pilot's coast is to him. So that to this hunter's wondrous skill, the proverbial evanescence of a thing writ in water, a wake, is to all desired purposes well nigh as reliable as the steadfast land. And as the mighty iron Leviathan of the modern railway is so familiarly known in its every pace, that, with watches in their hands, men time his rate as doctors that of a baby's pulse; and lightly say of it, the up train or the down train will reach such or such a spot, at such or such an hour; even so, almost, there are occasions when these Nantucketers time that other Leviathan of the deep, according to the observed humor of his speed; and say to themselves, so many hours hence this whale will have gone two hundred miles, will have about reached this or that degree of latitude or longitude. But to render this acuteness at all successful in the end, the wind and the sea must be the whaleman's allies; for of what present avail to the becalmed or windbound mariner is the skill that assures him he is exactly ninety-three leagues and a quarter from his port? Inferable from these statements, are many collateral subtile matters touching the chase of whales.
The ship tore on; leaving such a furrow in the sea as when a cannon-ball, missent, becomes a plough-share and turns up the level field.
"By salt and hemp!" cried Stubb, "but this swift motion of the deck creeps up one's legs and tingles at the heart. This
ship and I are two brave fellows! - Ha! ha! Some one take me up, and launch me, spine-wise, on the sea, - for by live-oaks! my spine's a keel. Ha, ha! we go the gait that leaves no dust behind!"
"There she blows - she blows! - she blows! - right ahead!" was now the mast-head cry.
"Aye, aye!" cried Stubb. "I knew it - ye can't escape - blow on and split your spout, O whale! the mad fiend himself is after ye! blow your trump - blister your lungs! - Ahab will dam off your blood, as a miller shuts his water-gate upon the stream!"
And Stubb did but speak out for well nigh all that crew. The frenzies of the chase had by this time worked them bubblingly up, like old wine worked anew. Whatever pale fears and forebodings some of them might have felt before; these were not only now kept out of sight through the growing awe of Ahab, but they were broken up, and on all sides routed, as timid prairie hares that scatter before the bounding bison. The hand of Fate had snatched all their souls; and by the stirring perils of the previous day; the rack of the past night's suspense; the fixed, unfearing, blind, reckless way in which their wild craft went plunging towards its flying mark; by all these things, their hearts were bowled along. The wind that made great bellies of their sails, and rushed the vessel on by arms invisible as irresistible; this seemed the symbol of that unseen agency which so enslaved them to the race.
They were one man, not thirty. For as the one ship that held them all; though it was put together of all contrasting things - oak, and maple, and pine wood; iron, and pitch, and hemp - yet all these ran into each other in the one concrete hull, which shot on its way, both balanced and directed by the long central keel; even so, all the individualities of the crew, this man's valor, that man's fear; guilt and guiltiness, all varieties were welded into oneness, and were all directed to that fatal goal which Ahab their one lord and keel did point to.
The rigging lived. The mast-heads, like the tops of tall palms, were outspreadingly tufted with arms and legs. Clinging to a spar with one hand, some reached forth the other with impatient wavings; others, shading their eyes from the vivid sunlight, sat
far out on the rocking yards; all the spars in full bearing of mortals, ready and ripe for their fate. Ah! how they still strove through that infinite blueness to seek out the thing that might destroy them!
"Why sing ye not out for him, if ye see him?" cried Ahab, when, after the lapse of some minutes since the first cry, no more had been heard. "Sway me up, men; ye have been deceived; not moby dick casts one odd jet that way, and then disappears."
It was even so; in their headlong eagerness, the men had mistaken some other thing for the whale-spout, as the event itself soon proved; for hardly had Ahab reached his perch; hardly was the rope belayed to its pin on deck, when he struck the key-note to an orchestra, that made the air vibrate as with the combined discharges of rifles. The triumphant halloo of thirty buckskin lungs was heard, as - much nearer to the ship than the place of the imaginary jet, less than a mile ahead - Moby Dick bodily burst into view! For not by any calm and indolent spoutings; not by the peaceable gush of that mystic fountain in his head, did the White Whale now reveal his vicinity; but by the far more wondrous phenomenon of breaching. Rising with his utmost velocity from the furthest depths, the Sperm Whale thus booms his entire bulk into the pure element of air, and piling up a mountain of dazzling foam, shows his place to the distance of seven miles and more. In those moments, the torn, enraged waves he shakes off, seem his mane; in some cases, this breaching is his act of defiance.
"There she breaches! there she breaches!" was the cry, as in his immeasureable bravadoes the White Whale tossed himself salmon-like to Heaven. So suddenly seen in the blue plain of the sea, and relieved against the still bluer margin of the sky, the spray that he raised, for the moment, intolerably glittered and glared like a glacier; and stood there gradually fading and fading away from its first sparkling intensity, to the dim mistiness of an advancing shower in a vale.
"Aye, breach your last to the sun, Moby Dick!" cried Ahab, "thy hour and thy harpoon are at hand! - Down! down all of ye, but one man at the fore. The boats! - stand by!"
Unmindful of the tedious rope-ladders of the shrouds, the men, like shooting stars, slid to the deck, by the isolated back- stays and halyards; while Ahab, less dartingly, but still rapidly was dropped from his perch.
"Lower away," he cried, so soon as he had reached his boat - a spare one, rigged the afternoon previous. "Mr. Starbuck, the ship is thine - keep away from the boats, but keep near them. Lower, all!"
As if to strike a quick terror into them, by this time being the first assailant himself, Moby Dick had turned, and was now coming for the three crews. Ahab's boat was central; and cheering his men, he told them he would take the whale head-and-head, - that is, pull straight up to his forehead, - a not uncommon thing; for when within a certain limit, such a course excludes the coming onset from the whale's sidelong vision. But ere that close limit was gained, and while yet all three boats were plain as the ship's three masts to his eye; the White Whale churning himself into furious speed, almost in an instant as it were, rushing among the boats with open jaws, and a lashing tail, offered appalling battle on every side; and heedless of the irons darted at him from every boat, seemed only intent on annihilating each separate plank of which those boats were made. But skilfully manoeuvred, incessantly wheeling like trained chargers in the field; the boats for a while eluded him; though, at times, but by a plank's breadth; while all the time, Ahab's unearthly slogan tore every other cry but his to shreds.
But at last in his untraceable evolutions, the White Whale so crossed and recrossed, and in a thousand ways entangled the slack of the three lines now fast to him, that they foreshortened, and, of themselves, warped the devoted boats towards the planted irons in him; though now for a moment the whale drew aside a little, as if to rally for a more tremendous charge. Seizing that opportunity, Ahab first paid out more line: and then was rapidly hauling and jerking in upon it again - hoping that way to disencumber it of some snarls - when lo! - a sight more savage than the embattled teeth of sharks!
Caught and twisted - corkscrewed in the mazes of the line, loose harpoons and lances, with all their bristling barbs and
points, came flashing and dripping up to the chocks in the bows of Ahab's boat. Only one thing could be done. Seizing the boat- knife, he critically reached within - through - and then, without - the rays of steel; dragged in the line beyond, passed it, inboard, to the bowsman, and then, twice sundering the rope near the chocks - dropped the intercepted fagot of steel into the sea; and was all fast again. That instant, the White Whale made a sudden rush among the remaining tangles of the other lines; by so doing, irresistibly dragged the more involved boats of Stubb and Flask towards his flukes; dashed them together like two rolling husks on a surf-beaten beach, and then, diving down into the sea, disappeared in a boiling maelstrom, in which, for a space, the odorous cedar chips of the wrecks danced round and round, like the grated nutmeg in a swiftly stirred bowl of punch.
While the two crews were yet circling in the waters, reaching out after the revolving line-tubs, oars, and other floating furniture, while aslope little Flask bobbed up and down like an empty vial, twitching his legs upwards to escape the dreaded jaws of sharks; and Stubb was lustily singing out for some one to ladle him up; and while the old man's line - now parting - admitted of his pulling into the creamy pool to rescue whom he could; - in that wild simultaneousness of a thousand concreted perils, - Ahab's yet unstricken boat seemed drawn up towards Heaven by invisible wires, - as, arrow-like, shooting perpendicularly from the sea, the White Whale dashed his broad forehead against its bottom, and sent it, turning over and over, into the air; till it fell again - gunwale downwards - and Ahab and his men struggled out from under it, like seals from a seaside cave.
The first uprising momentum of the whale - modifying its direction as he struck the surface - involuntarily launched him along it, to a little distance from the centre of the destruction he had made; and with his back to it, he now lay for a moment slowly feeling with his flukes from side to side; and whenever a stray oar, bit of plank, the least chip or crumb of the boats touched his skin, his tail swiftly drew back, and came sideways smiting the sea. But soon, as if satisfied that his work for that time was done, he pushed his pleated forehead through the
ocean, and trailing after him the intertangled lines, continued his leeward way at a traveller's methodic pace.
As before, the attentive ship having descried the whole fight, again came bearing down to the rescue, and dropping a boat, picked up the floating mariners, tubs, oars and whatever else could be caught at, and safely landed them on her decks. Some sprained shoulders, wrists, and ankles; livid contusions; wrenched harpoons and lances; inextricable intricacies of rope; shattered oars and planks; all these were there; but no fatal or even serious ill seemed to have befallen any one. As with Fedallah the day before, so Ahab was now found grimly clinging to his boat's broken half, which afforded a comparatively easy float; nor did it so exhaust him as the previous day's mishap.
But when he was helped to the deck, all eyes were fastened upon him; as instead of standing by himself he still half-hung upon the shoulder of Starbuck, who had thus far been the foremost to assist him. His ivory leg had been snapped off, leaving but one short sharp splinter.
"Aye, aye," Starbuck, 'tis sweet to lean sometimes, be the leaner who he will; and would old Ahab had leaned oftener than he has."
"The ferrule has not stood, Sir," said the carpenter, now coming up; "I put good work into that leg."
"But no bones broken, Sir, I hope," said Stubb with true concern.
"Aye! and all splintered to pieces, Stubb! - d'ye see it. - But even with a broken bone, old Ahab is untouched; and I account no living bone of mine one jot more me, than this dead one that's lost. Nor white whale, nor man, nor fiend, can so much as graze old Ahab in his own proper and inaccessible being. Can any lead touch yonder floor, any mast scrape yonder roof? - Aloft there! which way?"
"Dead to leeward, Sir."
"Up helm, then; pile on the sail again, ship keepers! down the rest of the spare boats and rig them - Mr. Starbuck away, and muster the boat's crews."
"Let me first help thee towards the bulwarks, Sir."
"Oh, oh, oh! how this splinter gores me now! Accursed fate!
that the unconquerable captain in the soul should have such a craven mate!"
"Sir?"
"My body, man, not thee. Give me something for a cane - there, that shivered lance will do. Muster the men. Surely I have not seen him yet. By heaven it cannot be! - missing? - quick! call them all."
The old man's hinted thought was true. Upon mustering the company, the Parsee was not there.
"The Parsee!" cried Stubb - "he must have been caught in - "
"The black vomit wrench thee! - run all of ye above, alow, cabin, forecastle - find him - not gone - not gone!"
But quickly they returned to him with the tidings that the Parsee was nowhere to be found.
"Aye, Sir," said Stubb - "caught among the tangles of your line - I thought I saw him dragging under."
"My line! my line? Gone? - gone? What means that little word? - What death-knell rings in it, that old Ahab shakes as if he were the belfry. The harpoon, too! - toss over the litter there, - d'ye see it? - the forged iron, men, the white whale's - no, no, no, - blistered fool; this hand did dart it! - 'tis in the fish! - Aloft there! keep him nailed - quick! - all hands to the rigging of the boats - collect the oars - harpooneers! the irons, the irons! - hoist the royals higher - a pull on all the sheets! - helm there! steady, steady for your life! I'll ten times girdle the unmeasured globe; yea and dive straight through it, but I'll slay him yet!"
"Great God! but for one single instant show thyself," cried Starbuck; "never, never wilt thou capture him, old man - In Jesus' name no more of this, that's worse than devil's madness. Two days chased; twice stove to splinters; thy very leg once more snatched from under thee; thy evil shadow gone - all good angels mobbing thee with warnings: - what more wouldst thou have? - Shall we keep chasing this murderous fish till he swamps the last man? Shall we be dragged by him to the bottom of the sea? Shall we be towed by him to the infernal world? Oh, oh, - Impiety and blasphemy to hunt him more!"
"Starbuck, of late I've felt strangely moved to thee; ever since that hour we both saw - thou know'st what, in one another's
eyes. But in this matter of the whale, be the front of thy face to me as the palm of this hand - a lipless, unfeatured blank. Ahab is for ever Ahab, man. This whole act's immutably decreed. 'Twas rehearsed by thee an$ me a billion years before this ocean rolled. Fool! I am the Fates' lieutenant; I act under orders. Look thou, underling! that thou obeyest mine. - Stand round me, men. Ye see an old man cut down to the stump; leaning on a shivered lance; propped up on a lonely foot. 'Tis Ahab - his body's part; but Ahab's soul's a centipede, that moves upon a hundred legs. I feel strained, half stranded, as ropes that tow dismasted frigates in a gale; and I may look so. But ere I break, ye'll hear me crack; and till ye hear that, know that Ahab's hawser tows his purpose yet. Believe ye, men, in the things called omens? Then laugh aloud, and cry encore! For ere they drown, drowning things will twice rise to the surface; then rise again, to sink for evermore. So with Moby Dick - two days he's floated - to- morrow will be the third. Aye, men, he'll rise once more, - but only to spout his last! D'ye feel brave men, brave?"
"As fearless fire," cried Stubb.
"And as mechanical," muttered Ahab. Then as the men went forward, he muttered on: - "The things called omens! And yesterday I talked the same to Starbuck there, concerning my broken boat. Oh! how valiantly I seek to drive out of others' hearts what's clinched so fast in mine! - The Parsee - the Parsee! - gone, gone? and he was to go before: - but still was to be seen again ere I could perish - How's that? - There's a riddle now might baffle all the lawyers backed by the ghosts of the whole line of judges: - like a hawk's beak it pecks my brain. I'll, I'll solve it, though!"
When dusk descended, the whale was still in sight to leeward.
So once more the sail was shortened, and everything passed nearly as on the previous night; only, the sound of hammers, and the hum of the grindstone was heard till nearly daylight, as the men toiled by lanterns in the complete and careful rigging of the spare boats and sharpening their fresh weapons for the morrow. Meantime, of the broken keel of Ahab's wrecked craft the carpenter made him another leg; while still as on the
night before, slouched Ahab stood fixed within his scuttle; his hid, heliotrope glance anticipatingly gone backward on its dial; sat due eastward for the earliest sun.